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Freinage : le système EBS, l’avenir de l’ABS

· 7 min de lecture · Relu et mis à jour le

L’EBS (système de freinage électronique) est un calculateur qui pilote d’un seul tenant l’ABS, l’antipatinage, le correcteur de trajectoire et la répartition du freinage entre les roues. Né sur les poids lourds, il gagne les voitures et va plus loin que l’ABS, qui n’en est plus qu’un composant. Voici comment il fonctionne et ce que la réglementation européenne impose aujourd’hui aux véhicules neufs.

Les avancées technologiques ont rendu nos véhicules de plus en plus sûrs. Parmi les technos les plus célèbres ayant accompagné l’arrivée de l’électronique au service de la sécurité des automobilistes et conducteurs, figure l’ABS (système anti-blocage des roues au freinage, dont l’acronyme est issu de l’allemand Antiblockiersystem).

Mais les avancées technologiques ont amené sur le marché de nouveaux dispositifs, et parmi eux, le digne successeur de l’ABS : le système EBS (pour Electronical Braking System, ou système de freinage électronique).

Qu’est-ce que ce nouveau dispositif EBS ? Qu’apporte-t-il de plus que l’ABS, et comment fonctionne-t-il ?

Qu’est-ce que l’EBS ?

Le système EBS (Electronical Braking System) est un dispositif de freinage électronique, permettant, grâce à un calculateur, de diriger divers organes de sécurité tels que l’ASR ou l’ABS, et d’optimiser ainsi l’efficacité du freinage obtenu.

Si on le retrouve surtout sur les véhicules poids lourds (tracteurs semi, autobus), il a fait son apparition sur les véhicules légers depuis déjà quelques années, apportant un véritable renouveau en matière d’assistance au freinage.

Le système EBS intègre en un seul dispositif électronique, le pilotage de nombreuses fonctions essentielles du freinage :

  • l’antiblocage des roues au freinage (ABS)
  • l’antipatinage des roues (ASR ou Anti-Slip Regulation), qui interagit à l’accélération mais également sur les freinages en courbe
  • le correcteur de trajectoire (ESP ou Electronic Stability Program) qui est un électro-stabilisateur programmé interagissant sur la vitesse de rotation des roues par rapport à l’angle de braquage
  • la correction du freinage par essieu (équilibrage de la force de freinage sur chaque roue)
  • pour les véhicules avec remorque : la répartition du freinage entre le véhicule tracteur et la remorque
  • l’optimisation de l’usure des organes de freinage grâce aux capteurs d’usure sur les plaquettes

Le principal avantage de la gestion électronique, par rapport à des organes pneumatiques, est clairement la vitesse de réaction de l’ensemble du dispositif, offrant des atouts majeurs en matière de sécurité active pour le conducteur.

Toute cette électronique ne compense pas des organes fatigués : des plaquettes usées, un liquide de frein ancien ou des pneus lisses allongent l’arrêt, quel que soit le calculateur. Les vérifications régulières décrites dans notre dossier sur l’entretien et les contrôles pour garder sa voiture en bon état restent la première condition d’un freinage efficace.

Quelles différences entre EBS et ABS ?

Pour faire simple, la principale différence entre le système de freinage EBS et le système ABS tient au fait que l’ABS fait partie intégrante de l’EBS, en tant que composant.

Le système ABS (système anti-blocage de roues) fonctionne à l’aide d’un capteur de décélération au niveau de chaque roue, qui à chaque freinage, permet de déceler toute augmentation brusque de décélération, et d’apporter grâce à un calculateur, la régulation adéquate via une valve pneumatique. Le bloc ABS évite de fait que les roues soient bloquées en cas de freinage brusque, en apportant la régulation nécessaire sur la pression du fluide hydraulique du circuit de freins entre la pédale et les étriers de freins.

L’EBS, lui, est un calculateur faisant office de véritable chef d’orchestre pour diriger les organes de sécurité liés à la motricité : ABS, ASR, ESP… Sa puissance de calcul et la vitesse de réaction de l’électronique en font un dispositif incroyablement efficace pour garantir une stabilité au freinage (notamment en courbe) et une efficacité hors norme en matière de distance de freinage, face à une voiture équipée d’un simple ABS.

Un système de freinage EBS sur voiture n’est pas du tout le même pour un camion et une remorque

Bien que les véhicules de nos jours soient très performants, beaucoup des systèmes que l’on connaît aujourd’hui sur les voitures, comme le système EBS, le système ABS, le frein de parking électrique ou encore le régulateur de vitesse, ont d’abord été éprouvés sur les camions et les remorques. Avant de mettre ce genre de technologie entre des mains grand public, il faut bien les confier à des mains plus expertes comme les chauffeurs de poids lourds, mais aussi chez des pilotes de voitures de course.

Ces différentes technologies ont connu de très fortes évolutions ces dernières années, tellement que la plupart des technologies installées sur les camions se retrouvent aujourd’hui sur des voitures très simples. Et cela n’est pas dû au hasard : les conducteurs passent beaucoup de temps sur la route, pour leurs loisirs comme pour le travail, ce qui pousse les constructeurs à proposer les meilleurs systèmes de sécurité à leurs clients.

Et il en va de même pour les camions et les remorques. Avec des trajets qui sont quant à eux bien plus importants, certains chauffeurs poids lourds parcourent Paris jusqu’à Rome. Il faut tout mettre en oeuvre pour apporter la meilleure des assistances au chauffeur pour mener à bien sa mission. D’ailleurs, les systèmes EBS sont souvent amenés à évoluer, d’autant que les camions et leurs remorques traversent des climats très différents. Du passage dans une zone avec de hautes températures, à des passages dans des zones neigeuses, toute l’anatomie du camion prend un sérieux coup. Et pour supporter tous les aléas de la vie d’un camion, chaque système, durite, câble, capteur est pensé pour accompagner le chauffeur dans son quotidien.

Sur un ensemble articulé, l’EBS règle aussi le freinage de la remorque par rapport au tracteur : si la remorque freine trop tard, elle pousse le tracteur ; si elle freine trop tôt, elle le retient et use ses propres garnitures. Le calculateur équilibre les deux pour garder l’attelage dans l’axe, ce qu’une voiture particulière n’a pas à gérer.

Bien sûr, il existe plusieurs entreprises qui améliorent le quotidien des chauffeurs. Par exemple, le système EBS de Haldex est très avancé et équipe déjà certains camions grand public. Leur système EBS avancé aura permis déjà à de nombreux chauffeurs de limiter les risques d’accident et de glissade sur la chaussée et ce que ça soit par temps sec, par temps de pluie et par temps de neige. Un système EBS qui a donc déjà fait ses preuves.

Comment le freinage est devenu un élément essentiel de la sécurité routière ?

Si l’ABS équipe toutes les voitures neuves des constructeurs européens depuis 2004, c’est à la suite d’un engagement pris par les membres de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (Acea), et non d’une loi. Il n’en est pas de même pour tous les dispositifs de sécurité liés à la motricité et au freinage.

L’ESP, lui, est bien imposé par la réglementation européenne sur les véhicules neufs vendus depuis novembre 2014. Le couplage de l’ABS à l’antipatinage (ASR) et au correcteur de trajectoire (ESP) au travers d’un EBS complet n’est en revanche pas encore généralisé sur tous les modèles.

Mais la tendance est à la sécurité, et l’EBS devient peu à peu la norme sur de très nombreux modèles automobiles. On retrouve d’ailleurs de nombreux modèles disposant de l’AFU (Aide au Freinage d’Urgence), un dispositif optimisant l’arrêt rapide du véhicule en cas de pilage de la part du conducteur. L’EBS apporte sa contribution à l’efficacité de l’AFU.

Freinage d’urgence automatique : où en est l’obligation européenne ?

L’article annonçait l’obligation du freinage automatique d’urgence (souvent abrégé AEBS, qui couple la détection d’obstacles au freinage) pour 2022. Le calendrier réel a été posé en deux étapes par le règlement européen sur la sécurité générale des véhicules : l’obligation a d’abord visé les nouveaux types de véhicules homologués à partir de juillet 2022, puis tous les véhicules neufs vendus dans l’Union depuis le 7 juillet 2024, comme l’a rappelé la Commission européenne.

Une nouvelle marche a été franchie en 2026 : depuis le 7 juillet, les voitures et utilitaires légers neufs doivent disposer d’un freinage d’urgence capable de repérer aussi les piétons et les cyclistes, d’après la Commission. Les véhicules déjà en circulation ne sont pas concernés et n’ont pas à être équipés après coup.

Ces aides ne remplacent pas l’adhérence : un freinage d’urgence, même automatique, reste limité par l’état des pneumatiques. Pour un remplacement, notre article explique comment trouver un pneu voiture pas cher et fiable.

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