Jeune conducteur : quelle puissance maximale est autorisée en voiture ?

En France, les jeunes conducteurs sont soumis, durant les premières années de permis auto, à des règles strictes en matière de conduite, mais également d’obligations légales.

Jeune permis et puissance du véhicule

Le législateur suppose en effet que du fait de leur expérience de conduite insuffisante, il faut limiter le champs des possibles à de multiples niveaux, à l’image de la vitesse maximale autorisée (exemple : 80 km/h au lieu de 90 km/h sur route, 100 km/h au lieu de 110 sur voies rapides, etc.) lorsque l’on est porteur du macaron « A » sur son véhicule.

À CONSULTER ÉGALEMENT : Pour en savoir plus sur les papiers et assurances auto

Mais existe-t-il des limitations au niveau mécanique, notamment en matière de puissance du véhicule ? Y-a-t-il des obligations légales en matière de puissance, ou des limites contractuelles imposées notamment par les compagnies d’assurance ? Voici le point sur cette épineuse question !

Différence entre puissance fiscale et puissance réelle

Il existe deux types de puissance lorsque l’on parle de véhicule automobile :

  • la puissance réelle, ou puissance DIN (pour Deutsches Institut Für Normung, l’institut allemand qui définit la correspondance entre un cheval vapeur, ou cheval DIN, et la puissance exprimée en kilowatts, soit 0,736 Kw)
  • la puissance fiscale, ou puissance administrative, exprimée elle aussi en « chevaux », mais savamment calculée selon la puissance réelle du véhicule, mais également ses rejets de CO²

Ainsi, on peut avoir des véhicules de même puissance réelle, mais avec une étiquette administrative différente, selon les rejets carbonés dont ils feront l’objet.

Pour un jeune conducteur, la notion de puissance va être le premier impact direct sur le coût de possession de son futur véhicule : en effet, les compagnies d’assurance indexent les primes sur la puissance fiscale des automobiles !

Et comme tous les automobilistes, il sera également impacté au niveau de la carte grise du véhicule, puisque son coût sera indexé sur la puissance du véhicule (sans compter la taxe régionale, fluctuante d’une région française à l’autre).

Jeune conducteur et puissance du véhicule : du point de vue légal

La loi est claire à ce sujet : il n’existe à ce jour, en France, pas de clauses particulières destinées à limiter la puissance d’un véhicule pour un jeune conducteur.

En d’autres termes, un jeune conducteur peut tout-à-fait conduire une voiture de 500 cv DIN si ça lui chante (et surtout s’il en a les moyens !) car il n’existe aucune limite légale en la matière.

Pour autant, les limitations auxquelles sont confrontés les jeunes conducteurs ne se situent pas au niveau des lois, mais bel et bien au niveau des assurances !

Puissance et risque d’accident : un facteur déterminant

Les lois de la physique sont immuables : puis un véhicule est puissant, plus ses performances élevées pourront prendre en défaut son conducteur, qui plus est si ce dernier n’a pas l’expérience suffisante en conduite automobile, ou plus simplement au volant du véhicule concerné !

En d’autres termes, on considère que la puissance d’un véhicule est l’un des facteurs déterminants sur le risque d’accident d’un conducteur, et plus encore chez un jeune conducteur. Plus de puissance, c’est des accélérations plus fortes, des vitesses possiblement plus élevées, et de facto des vitesses potentiellement inadaptées aux conditions de circulation si le conducteur n’y prête pas une attention suffisante.

On comprend donc pourquoi les compagnies d’assurance prennent en compte ce facteur dans le calcul de leurs primes d’assurance, mais également dans les conditions d’attribution de leurs contrats !

Qu’est-ce qu’un véhicule puissant pour une assurance ?

Les compagnies d’assurance prennent en considération différents facteurs pour déterminer le montant de leurs primes d’assurance :

  • le profil du conducteur (expérience au volant, passif en matière d’accidentologie, lieu de résidence…)
  • les caractéristiques du véhicule (puissance fiscale, type de véhicule, date de mise en circulation, mais aussi statistiques liées au modèle notamment en matière d’accidentologie et de vols)
  • les habitudes du conducteur (kilométrage annuel, types de trajets)
  • le niveau des garanties souscrites dans le contrat (tiers, tiers étendu, tous risques…)

Au niveau de la puissance du véhicule, les compagnies appliquent un « malus » lié directement à cette dernière, et qui va donc impacter directement le prix à payer pour le conducteur futur assuré.

On considère généralement qu’une voiture est « puissante », lorsqu’elle dépasse 6 chevaux pour un jeune conducteur (certaines compagnies fixent cette limite à 7 cv, voire dans de rares cas à 8 cv) soit en moyenne 90 cv DIN pour un jeune en permis probatoire.

Jeune conducteur, puissance maximale et assurance

On voit bien qu’au final, c’est bel et bien l’assurance qui va déterminer quel niveau de puissance maximale sera autorisé pour le futur véhicule d’un jeune conducteur.

En effet, certaines compagnies refusent purement et simplement de couvrir les jeunes automobilistes de moins de 3 ans d’expérience si le véhicule visé dépasse un certain seuil de puissance (voire simplement sur des conditions d’âge et de sexe, puisque les jeunes garçons de moins de 25 ans sont sensiblement plus représentés dans les statistiques de la sécurité routière en France que les jeunes filles !)

Il est donc conseillé, pour ne pas avoir à chercher les rares compagnies acceptant de couvrir les permis probatoires sur les autos dépassant les seuils habituellement autorisés dans leurs clauses, de ne pas dépasser 6 cv fiscaux (soit environ 90 cv DIN) ou au maximum 7 à 8 cv fiscaux, limite généralement acceptable par les assurances automobiles.

Au-delà de cette limite, vous risquez tout bonnement, à défaut de pouvoir vous assurer (et donc de pouvoir rouler), de devoir payer des primes d’assurance délirantes de plusieurs centaines d’euros par mois !

Rouler sans assurance, c’est s’exposer à une amende de 3750 € et à la confiscation pure et simple de votre véhicule… Sans compter le risque financier et pénal en cas d’accident !

Quels risques concrets pour un jeune conducteur dépassant la limite de puissance ?

D’après plusieurs études, 29 % des accidents de circulation impliquent un jeune adulte en permis probatoire. Ces accidents occasionnent à eux seuls plus de 25 % du taux de mortalité routière.

Les risques pour un jeune conducteur d’opter pour un véhicule trop puissant, au moins les premières années de conduite, sont donc directement liés au risque d’accident grave. Le temps de se « faire la main », préférez un véhicule d’occasion pas trop puissant et disposant des équipements nécessaires de protection corporelle : une fois votre expérience acquise, alors vous pourrez progressivement, et sans payer des fortunes aux assureurs, vous diriger vers des véhicules plus performants !

Les accidents n'arrivent pas qu'aux autres : jeunes conducteurs, privilégiez les véhicules peu puissants !
Retour haut de page